À 25 ans, Hélène Guedes dirige deux clubs l’Orange bleue en Charente, à La Rochefoucauld et Soyaux, avec son associé Julien Gibaud.
Un an après notre premier portrait consacré à son parcours, nous la retrouvons à l’occasion de sa candidature au TrophéE ActivE FNEAPL 2026. Entrepreneuriat, légitimité, place des femmes et nouveaux projets : Hélène nous raconte la suite.
À 22 ans, tu reprenais ton premier club. Pourquoi avoir osé si jeune ?
« Je ne venais pas du monde des salles de sport et je ne m’étais jamais imaginée à la tête d’un club. Mon parcours scolaire était atypique et je n’avais pas le profil classique d’une cheffe d’entreprise.
En devenant coach, l’envie d’avoir mon propre club est pourtant arrivée très vite. Avec Julien, nous avons compris que nous étions complémentaires et capables d’aller plus loin ensemble. À 22 ans, nous avons décidé d’oser. »
Pourquoi avoir choisi l’Orange bleue ?
« C’est l’enseigne dans laquelle j’ai grandi professionnellement. J’ai tout de suite accroché à son ADN et à sa proximité avec les adhérents.
Quand j’ai voulu entreprendre, rester dans un réseau qui correspondait déjà à ma vision du métier était naturel. La franchise permet aussi d’entreprendre tout en étant accompagné. »
Un an plus tard, qu’est-ce qui a changé ?
Un deuxième club à Soyaux, plus de 1 000 adhérents à La Rochefoucauld et de nouvelles responsabilités.
Hélène intervient auprès des futurs professionnels du sport, participe aux jurys d’entrée du DEUST et rejoint l’enseignement à la Faculté des Sports. Ses clubs poursuivent parallèlement leurs actions locales et comptent désormais plus de 30 partenariats.
Être jeune, est-ce un frein pour entreprendre ?
« La jeunesse ne doit pas être perçue comme un manque d’expérience, mais comme une force. Elle apporte de l’énergie, des idées et parfois l’audace d’essayer là où d’autres hésiteraient.
À 22 ans, je n’avais pas toutes les réponses. J’avais surtout envie d’apprendre. Il ne faut pas attendre de se sentir totalement prêt : il faut savoir s’entourer, travailler et croire en son projet. »
Et être une jeune femme dans le fitness ?
« Au début, certaines personnes ont questionné ma légitimité, notamment dans l’univers de la musculation. Comme coach puis comme gérante, j’ai parfois dû davantage faire mes preuves.
Le travail, la persévérance et les résultats m’ont permis de gagner leur confiance. Ces expériences m’ont surtout appris une chose : les compétences n’ont ni âge ni genre. »
Que dirais-tu à une femme qui hésite à entreprendre ?
« De ne pas attendre de se sentir totalement prête. Dans certains univers encore très masculins, une femme peut avoir l’impression de devoir davantage prouver sa légitimité.
Mais notre regard, notre management et notre manière de créer du lien peuvent aussi être des forces. Il faut croire en ses compétences, bien s’entourer et oser. La légitimité se construit sur le terrain. »
Quelle est ta plus grande fierté aujourd’hui ?
« Ce n’est pas simplement d’avoir deux clubs à 25 ans, mais tout ce que nous avons construit autour : La Rochefoucauld qui dépasse les 1 000 adhérents, Soyaux qui trouve sa place, notre équipe qui grandit et nos adhérents qui s’attachent aux clubs.
Je suis aussi fière d’être sollicitée aujourd’hui pour les jurys du DEUST et l’enseignement à la Faculté des Sports. Avec mon parcours atypique, je mesure le chemin parcouru. »
Pourquoi le TrophéE ActivE 2026 ?
Le TrophéE ActivE FNEAPL valorise chaque année une femme entrepreneure du sport marchand autour de quatre valeurs : engagement, collectif, ouverture et imagination.
À travers sa candidature, Hélène souhaite notamment défendre la place des femmes et des jeunes dans l’entrepreneuriat sportif, tout en valorisant son engagement dans la transmission et sur son territoire.
Deux clubs à 25 ans… et après ?
« Nous voulons continuer à développer nos deux clubs sans perdre leur identité et leur proximité avec les adhérents.
À Soyaux, l’objectif est de poursuivre notre implantation. À La Rochefoucauld, nous voulons continuer à nous renouveler malgré les plus de 1 000 adhérents.
Et avec Julien, nous regardons déjà plus loin : de nouveaux projets sont en réflexion. L’envie d’entreprendre est loin de s’arrêter à deux clubs ! »
Où te vois-tu dans cinq ans ?
« Toujours aussi passionnée, mais avec quelques projets de plus ! Je souhaite continuer à développer plusieurs clubs avec Julien tout en restant proche du terrain.
J’aimerais aussi transmettre davantage auprès des futurs professionnels du sport et poursuivre mon évolution dans l’enseignement. »